La France est le deuxième consommateur de mangas dans le monde après le Japon. Qu’on les aime ou pas, les mangas, avec leurs codes et leurs racines, s’articulent autour d’une culture riche en histoire.

Bien qu’apparus en France à la fin des années 70, c’est le film Akira, sorti dans l’hexagone en 1989, qui a été le véritable détonateur de leur succès dans notre pays. En profitant su succès du film, l’éditeur Glénat en à publié le manga qui était à l’origine de l’anime.

Au Japon, c’est en 1814 que l’artiste Hokusaï publie douze recueils de croquis qu’il nomme Manga. Le terme apparaît pour la première fois et on le traduit par « dessin au trait libre ».

Mais c’est véritablement après la seconde guerre mondiale que les mangas se sont fait une place au Japon, en particulier grâce à un homme : Tezuka Osamu, surnommé « le dieu du manga », très marqué par les BD américaines et les œuvres de Walt Disney – d’où les représentations occidentales des personnages et leurs grands yeux façon Bambi.

Sa contribution ira bien au-delà puisque qu’il signa en 1963 la première série d’animation, Astro le petit robot, qui lancera l’industrie de l’animation japonaise.

Une narration sur le mode ciné

L’innovation d’Osamu, c’est d’avoir le premier utilisé de nouveaux effets graphiques : le recours abondants aux traits et aux onomatopées pour souligner mouvements et gestes, mais aussi l’alternance du cadrage des scènes (plan large/serré/large), comme le fait le cinéma, pour décomposer les actions.

Les émotions sont aussi représentées de manières volontairement exagérées pour accentuer l’intensité des rapports entre personnages.

D’une manière générale, le fait que les mangas soient en principe exclusivement imprimés en noir et blanc, pour des raisons de coût, a contraint leurs auteurs à développer des techniques visuelles particulières afin de mettre en valeur des gestes ou des détails en l’absence de couleur.

Enfin, l’irruption inopinée du comique et de l’absurde, avec des images gags en clôture de scènes d’action, déroutent souvent les nouveaux lecteurs : on peut y voir un signe d’autodérision, lui aussi propre à l’univers manga.

Le talent des mangaka

Contrairement à beaucoup de critiques qui voient les mangas comme des BD simplistes et ultra-violentes (ce qu’ils sont aussi parfois), il faut reconnaître à beaucoup de mangaka (auteurs de manga) un véritable talent pour s’approprier la culture et l’histoire occidentales, qu’ils restituent ou interprètent dans de remarquables fresques historiques – entre beaucoup d’autres, l’excellent Vinland Saga qui se passe au temps des Vikings.

Ce qui nous amène à dire ce que les lecteurs réguliers savent déjà : un manga, ça n’est pas simplement une histoire dessinée où l’action alterne avec la narration. C’est souvent aussi une réflexion sur un sujet : le rapport aux autres, la différence, les émotions, l’avenir de l’humanité, la guerre, les technologies, le pouvoir, ou encore l’environnement…

Au Japon, mêmes les adultes en lisent, partout et n’importe quand. La profusion des genres (aventures, histoire, amour, thriller…) permet à chacun de s’y reconnaître. Et ils ne sont pas faits pour être conservés : comme les journaux gratuits, ils traînent sur les banquettes des transports en commun, où les lecteurs les prennent et les laissent pour les suivants.

Bref, les mangas ont encore de beaux jours devant eux.


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