Les maths, c’est trop abstrait… Et c’est dur et ennuyeux. Et puis, pas besoin de comprendre les intégrales pour recompter sa monnaie à la caisse. Alors, pourquoi on vous torture avec ça depuis l’école primaire ?

Parce que les maths sont partout (oui, c’est féminin). Elles sont indispensables à l’ingénieur qui conçoit votre portable, la télécommande de la télé-qui-commande ou le PC. Alors oui, on n’a pas forcément besoin de les maîtriser pour se servir de ces outils. En revanche, avoir des notions (ou plus si affinités) peut s’avérer indispensable pour votre avenir.

Cryptologie et jeux vidéo

La science s’est beaucoup développée et le moindre sujet qu’il faut étudier en biologie et en physique est impossible à appréhender si on n’a pas un bagage consistant en maths.

Et pas seulement en bio ou en physique : la gestion financière, la programmation informatique, la cryptologie (sécurisation des données), l’énergie, les télécommunications, la santé, les statistiques, les assurances, sans oublier… les logiciels de jeux vidéo, ne sont que quelques exemples de secteurs où une bonne formation en maths est nécessaire.

D’ailleurs, un tiers des diplômés en maths se tournent vers le secteur industriel. Mais attention : ce ne sont pas des maths fondamentales qu’ils ont étudiées, mais des maths appliquées, dans le cadre de cursus professionnalisés. Sinon, les débouchés sont plus rares et très sélectifs, comme en recherche fondamentale, dans laquelle d’ailleurs la France est particulièrement brillante : depuis la création de la Médaille Fields – équivalent du prix Nobel, mais décernée seulement tous les 4 ans – elle a été attribuée 9 fois à des mathématiciens français, en deuxième position derrière les Américains.

Un enseignement trop théorique ?

En revanche, c’est peut-être la manière dont les maths sont enseignées qui peut faire l’objet de critiques. Une remise en question de la manière d’enseigner serait donc nécessaire ? Peut-être, d’autant que la tradition française en la matière se caractérise justement par son formalisme, notamment depuis le courant du « bourbakisme » (demandez à votre prof ce que c’est ! Les maths aussi ont une histoire…).

Enfin, les maths, ça fait aussi partie de la culture générale, et ça aide de plus en plus pour comprendre la nature du réel dont nous faisons partie. Par exemple, la compréhension de l’univers fait plus que jamais appel aux mathématiques : autant le modèle dit standard du « Big bang » pouvait se comprendre et s’expliquer aux néophytes sans recourir aux mathématiques, autant la nouvelle théorie dite des cordes, avec sa dizaine de dimensions, est impénétrable sans bagage mathématique. On peut d’ailleurs craindre que le fossé entre les astrophysiciens et le grand public se creuse, à moins que les scientifiques parviennent toujours à vulgariser la discipline malgré sa complexification.

Pour conclure, si vous vous trouvez trop paresseux pour aimer les maths, voilà une citation anonyme qui vous donnera à méditer : « Un mathématicien, ce n’est pas quelqu’un qui passe son temps à faire des calculs, c’est quelqu’un qui trouve des techniques pour ne pas avoir à les faire ».


A LIRE AUSSI SUR WEFUZZ

« C’était quoi ce sujet de maths ? » : une pétition contre la difficulté de l’épreuve du bac S