Ces dernières décennies, les hommes ont enregistré une baisse spectaculaire de leur fertilité. A ce jour, aucune cause n’a été officiellement identifiée. Les perturbateurs endocriniens contenus dans les pesticides et l’alimentation industrielle sont néanmoins fortement soupçonnés.

Depuis le début des années 70, la concentration de spermatozoïdes dans le sperme a chuté de 50 %, tandis que la quantité de sperme elle-même a baissé de près de 60 %.

Le nombre de spermatozoïdes est ainsi passé de 99 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme en 1973, à 47 millions par millilitre en 2011. Depuis, ce déclin s’accélère, en particulier aux États-Unis, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

En France, une enquête publiée en 2012 dans Human reproduction a déjà révélé que la concentration en spermatozoïdes avait baissé d’un tiers entre 1989 et 2005. Une baisse continue, de l’ordre de 1,9 % par an, qui a abouti à une diminution totale de 32 % au terme de ce suivi de 17 ans.

Ces chiffres donnent froid dans le dos si on prend un peu de recul : la race humaine est-elle sur une tendance qui la rendra à terme incapable de se reproduire naturellement ?

Le coupable : la Révolution industrielle

L’origine possible, sinon probable, de ce fléau, serait tout simplement… la Révolution industrielle. Depuis qu’elle est produite dans la seconde moitié du 19e siècle, puis avec la croissance du secteur chimique et la généralisation de l’usage de produits hydrocarbures (essence, plastiques…), les humains ingèrent massivement des composés et des produits chimiques qui affectent nos hormones, notamment les œstrogènes et la testostérone.

Lorsqu’un produit chimique affecte ces hormones, on l’appelle un perturbateur endocrinien. Or, bon nombre des composés utilisés pour fabriquer des plastiques souples (comme les phtalates) ou pour les rendre plus durs et résistants (comme le bisphénol A ou le BPA) sont des perturbateurs endocriniens biens connus.

Si votre organisme contient beaucoup de phtalates, vous produirez moins de testostérone et moins de spermatozoïdes (si vous êtes un garçon…).

S’il est exposé aux phtalates in utero (pendant la grossesse), le système reproducteur du fœtus mâle lui-même sera altéré: il deviendra moins masculin (verge et testicules plus petites, notamment).

Chaque génération est deux fois moins fertile que la précédente

Bref, notre espèce, ou plutôt l’un des deux reproducteurs de notre espèce, est deux fois moins fertile que la génération qui la précède. Et pourtant, cet effet n’est pas perceptible à l’échelle d’une vie : la plupart des hommes peuvent toujours concevoir un enfant naturellement avec un nombre moindre de spermatozoïdes, et ceux qui ne peuvent pas en avoir ont recours au secteur – en pleine croissance – de l’assistance à la procréation.

Au final, nous sommes toujours de plus en plus nombreux, au péril de la Terre, d’ailleurs. Mais jusqu’à quand ?


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