Tenue noire relevée de violet, Doc Martens ou bottines, maquillage sombre, bijoux argentés… On croise fréquemment dans les lycées des élèves arborant un black look, parfois très élégant. Ceux qu’on appelle souvent les corbeaux sont emblématiques du courant gothique. Mais d’où vient-il ?

Le mouvement gothique puise une partie de ses racines dans le rock, en particulier du côté de quelques groupes mythiques de la fin des années 70 : Bauhaus, Siouxsie & the Banshees, Joy Division puis The Sisters of Mercy ou encore The Cure. Ces groupes et bien d’autres sont fondateurs d’un courant qui s’inspire du punk en y rajoutant une culture sombre faite de noirceur, de théâtralité, de mélancolie et de romantisme fataliste.

Le Château d’Otrante, roman fondateur

Après n’avoir été qu’un avatar du punk, le rock gothique a acquis son existence propre au milieu des années 80 : c’est à partir de là qu’une culture gothique s’est pleinement déployée au-delà de la musique, en revisitant d’autres racines culturelles, littéraires mais aussi cinématographiques.

Car bien avant le mouvement rock, il existe un mouvement de littérature gothique. On doit le terme à un écrivain anglais du XVIIIe siècle, Horace Walpole. Passionné par l’architecture médiévale gothique, il a écrit un roman célèbre, Le Château d’Otrante : Histoire gothique, qui constitue l’acte de naissance d’un genre conjuguant roman noir et fantastique.

Tout au long du XVIIIe siècle et bien après, le mouvement a été animé par de grands auteurs de la littérature anglophone tels que Wordsworth, Walter Scott, Mary Shelley (Frankenstein), Lovecraft ou encore Keats dans un premier temps, puis par les romantiques du XIXe siècle comme Edgar Allan Poe, Bram Stoker (Dracula), voire, côté français, par les auteurs du courant Spleen (Baudelaire).

Rien à voir avec le metal

Le mouvement gothique a connu un déclin à la fin des années 80 et dans les années 90, et sa visibilité a souffert des amalgames entre le rock metal et le rock gothique, bien que totalement opposés dans l’esprit malgré quelques passerelles (on pense à Killing Joke). La confusion demeure d’ailleurs, car un icône rock tel que Marylin Manson passe parfois pour gothique – il en a parfois les tenues – alors qu’il appartient davantage à la scène metal, dans sa musique comme dans ses délires.

Enfin, le rock gothique se distingue aussi par son rejet de la société de consommation, comme le mouvement punk. Mais à la différence de celui-ci, il a souvent préféré la voie des arts et un certain esthétisme (musical, vestimentaire) à une expression artistique plus radicale.

 

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