Rien à voir avec la musique ! Le steampunk est un courant littéraire qui imagine une autre Histoire du monde depuis un passé différent. Ce mouvement fait de plus en plus d’adeptes chez les lecteurs comme chez les auteurs.

Ce que serait le passé si le futur était arrivé plus tôt, et le raconter : voici certainement la meilleure définition du steampunk.  On peut aussi parler de rétrofuturisme – soit un certain regard sur le futur vu depuis le passé.

En clair, le steampunk propose des variations historico-littéraires sur ce que notre monde aurait été si la machine à vapeur, inventée au 19e siècle et fondatrice de la révolution industrielle en Angleterre, était devenue la norme du développement technique. Steam veut d’ailleurs dire « vapeur », tandis que le terme punk est emprunté au courant S.-F. cyberpunk.

Pas d’ordis, mais des dirigeables

Les romans steampunk s’enracinent le plus souvent dans des atmosphères victoriennes (du nom de la reine d’Angleterre Victoria au 19e siècle) et ses décors déploient des machineries très différentes de celles de notre monde : pas d’ordinateur par exemple, ni de moteurs à combustion, pas de pétrole ni de matière plastique, mais aussi faible développement de l’électricité.

Les automobiles y sont plus rares que dans notre monde – elles se déplacent lourdement à vapeur – mais les dirigeables constellent le ciel. L’esthétique vestimentaire du steampunk est très classique : gabardines, gilets sans manches, chapeaux vintage… Très Sherlock Holmes !

En revanche, la mécanique « brute » des machines à vapeur et de la métallurgie – avec force rouages et tuyauteries – sont omniprésentes : elles se mélangent allègrement aux boiseries à l’ancienne avec beaucoup de créativité.

Une variation de l’uchronie

Le steampunk est très proche d’un sous-genre du roman qui se taille un beau succès ces dernières années : l’uchronie (du grec chronos, le temps, et le négatif u).

L’uchronie part d’un point de divergence dans notre temps pour imaginer une histoire différente si un événement important s’était déroulé autrement : victoire majeure d’une armée qui a historiquement perdu, assassinat d’un personnage important… À ceci près que, dans le steampunk, le point de divergence est toujours la révolution industrielle du 19e siècle.

Il n’innove donc pas comme la science-fiction, mais recycle des éléments du passé connu. C’est une des raisons pour lesquelles on y croise beaucoup de personnages qui ont réellement existé : les romans steampunk sont bourrés de clins d’œil à l’histoire politique, militaire et scientifique. Et on les apprécie d’autant plus qu’on la connaît bien.

F.C.

(Crédit photo LuftFlotte Steampunk)