Éric Beaumont, le négociateur de la série Ransom, c’est lui ! Ou plutôt, c’est son parcours et ses réussites en matière de négociation qui ont inspiré la série et son personnage central. Négociateur professionnel, Laurent Combalbert a dénoué des dizaines de cas critiques au cours de sa carrière. Rencontre avec un phénomène.

Pouvez-vous résumer en quelques mots votre parcours scolaire ?

J’ai un parcours assez classique, je suis juriste de formation (droit public) et j’ai fait une maitrise de Sciences politiques ; mon sujet de mémoire portait sur la coordination de la lutte anti-terroriste en Europe.

Vous avez débuté votre parcours comme officier de police, puis rejoint le RAID en tant que négociateur de crise. Là, vous avez géré des centaines de cas critiques (prises d’otages, forcenés, retranchements collectifs…) et participé à la libération de dizaines d’otages… Quelle est la situation dans laquelle vous avez eu le plus peur ?

Quand on négocie pour la vie de quelqu’un, toutes les situations génèrent de la peur, ce qui est plutôt salutaire : la peur est une émotion primaire, elle est légitime pour ceux qui l’éprouvent et nous permet d’appréhender le risque dans les meilleures conditions. Une de mes négociations les plus stressantes a été la libération d’un enfant de 18 mois pris en otage par son père schizophrène, et qui le tenait pendu par un pied depuis son appartement au 5e étage d’un immeuble.

Je crois qu’un de vos « records », c’est une négociation de 19 heures avec des détenus d’une prison, lors d’une tentative d’évasion en hélicoptère… Comment avez-vous tenu le coup ?

La tension et les enjeux de la situation permettent de durer sans réellement sentir la fatigue. Nous apprenons aussi à dormir efficacement dans notre métier, notamment en faisant des micro-siestes de quelques minutes dès que l’occasion se présente.

“Nous avons participé à la rédaction des scénarios”

Vous avez suivi des cours à l’académie du FBI à Quantico, et aussi à Scotland Yard. Que vous ont apporté ces expériences ?

Les expériences que j’ai eues avec nos collègues anglo-saxons m’ont permis de découvrir leur approche très organisée et structurée, notamment au moyen de procédures assez figées. Elles m’ont aussi permis de voir que nous, les Français, avions une plus grande capacité d’improvisation et d’adaptation, ce qui est un véritable atout en négociation.

… et c’est à votre retour que vous avez participé à la fondation de la branche négociation du RAID ?

C’est Michel Marie, le premier négociateur du RAID, qui m’a recruté en 1998 pour monter avec lui la première équipe de négociation au sein du RAID. Nous nous sommes inspiré de tout ce que nous avions déjà expérimenté et de ce que nous avions rapporté du FBI pour structurer notre approche de la négociation.

 

Ransom, la série qui met en scène le négociateur Éric Beaumont, s’inspire de votre parcours et de celui de votre ami et associé Marwan Mery. Pouvez-nous raconter comment vous avez été approchés, votre participation au concept et à la réalisation de la série ?… Et ce que cela fait de voir une partie de sa vie portée à l’écran !

Nous avons été approchés par des producteurs français et américains après avoir été désignés il y a trois ans comme meilleurs négociateurs du monde par la communauté des négociateurs professionnels. Nous avons participé à la rédaction des scénarios, apporté une vision technique du métier pour faire en sorte que les épisodes soient crédibles. C’est gratifiant de voir un acteur de Game of Thrones, Luke Roberts, jouer votre vie à la télévision !

Propos recueillis par F.C.

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans le magazine Vivre au Lycée du mois de février.