En début d’année, beaucoup de lycéens sont tentés par l’idée de lancer un journal, mais se heurtent à des contraintes qui la laissent trop souvent au point mort. Pour savoir par quoi commencer et ne pas se décourager, quelques conseils pratiques s’imposent.

Le plus simple est de commencer par les objectifs. Evidemment, un journal est fait pour informer. Mais sur quoi ? La vie du lycée, l’actualité de la vie scolaire, les débats éducatifs, le dernier album/livre/spectacle qui vous a plu  ? Ou le débat de société  ? Ces choix éditoriaux vont vous amener à rubriquer votre journal, et donc à lui donner une structure. Il faudra aussi expliquer ces choix et vos objectifs dans votre premier édito. L’idéal, quels que soient vos choix, est de varier les rubriques afin de toucher le plus grand nombre de lecteurs. Ceux qui ne s’intéressent pas aux débats éducatifs mais qui lisent votre rubrique culture peuvent ensuite être amenés à lire le reste une fois qu’ils ont le canard en mai. Et vice-versa.

Une fois que vous y verrez plus clair, il sera plus facile de faire un brainstorming destiné à trouver un titre au journal  : en effet, celui-ci peut (mais ce n’est pas une obligation) par ses mots, son style, sa formulation, donner un avant-goût de ce que l’on trouvera à l’intérieur. Un conseil : soyez original mais pas hermétique.

  1. Tenir sur la durée

Une fois le journal lancé, une des difficultés consiste à maintenir une équipe qui tient sur la durée et permet de respecter une périodicité de publication réaliste. Beaucoup de gens vont s’engager à remettre régulièrement des articles,  mais on voit souvent, lorsque l’année avance, que certains cultivent le retard comme un art ou sont incapables d’honorer leurs engagements. C’est là qu’il faut savoir entretenir la flamme et s’habituer à relancer les rédacteurs. Il faut donc faire des réunions fréquentes – mais pas trop pour ne pas lasser. Ici, deux conseils : ne recrutez que les plus motivés, et désignez un ré- dac’chef charismatique qui saura remotiver sans harceler !

Assurez-vous également que vous aurez toute l’année les ressources financières suffisantes pour publier. Elles conditionneront aussi la qualité du résultat : couleur, grammage du papier, pagination, mode d’assemblage…

LES PIÈGES CLASSIQUES À ÉVITER

  • mettre du gras et du souligné partout en alternant les polices de caractères (une suffit, deux max.),
  • choisir une police de caractère ou trop basique ou trop originale, inconfortable à la lecture,
  • faire des textes trop longs que l’on est obligé de rentrer en caractères trop petits qui ne donnent pas envie de lire,
  • faire trop de colonnes ou pas assez dans la mise en page. En format A4, comptez deux à ou quatre colonnes selon la taille de la police,
  • régler des comptes avec des profs, même sans les citer (ils se reconnaissent toujours),
  • faire de son journal une tribune politique, ne pas faire relire ses textes par d’autres personnes pour corriger les fautes.

Ecrire pour être lu

Régider une information répond à des règles simples mais impératives qui se résument à s’assurer que vous avez répondu à des questions essentielles : qui ? quoi ? comment  ? où  ? pourquoi  ? combien ? Dans un article informatif, il faut répondre à ces questions afin d’apporter quelque chose au lecteur. Dans une chronique ou un billet d’humeur, c’est évidemment autre chose, puisque l’on est davantage dans l’analyse que dans le compte-rendu ou l’investigation.

Quoiqu’il en soit, le premier commandement du journaliste est simple  : il faut écrire pour être lu. On n’écrit pas pour se faire plaisir, mais pour que le lecteur s’intéresse et apprenne quelque chose.

Parmi les «  outils  » pour l’accrocher et lui donner envie de lire, il y a le titre bien sûr, mais aussi le «  chapô  » (petit texte entre le titre  et le début de l’article) et les intertitres, glissés dans le texte pour aérer sa mise en page et livrer des mots-clés qui attirent l’attention quand on feuillette les pages.

Tous ces choix sont aussi conditionnés par la largeur de votre lectorat : si vous souhaitez être lus pas les élèves mais aussi par les profs, vous devez en tenir compte (choix des mots, tournures de phrase, sujets abordés…).

Enfin, si vous vous lancez, n’oubliez pas de nous envoyer un exemplaire de votre prose, ça nous intéresse !

FAUT-IL FAIRE RELIRE LE JOURNAL PAR LE PROVISEUR ?

Selon la circulaire 2002-026 de l’Éducation nationale, vous n’avez pas à demander d’autorisation préalable au proviseur avant de diffuser un journal, ni le lui faire relire. Il est toutefois conseiller de l’informer de vos dé- marches et de le considérer comme un partenaire dans votre initiative  : il pourra vous aider à mieux le diffuser, répondre à vos questions, servir d’intermédiaire pour interviewer des personnalités, vous « former » à certains aspects mal connus de la vie du lycée…

VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT : 

  • de diffamer,
  • d’insulter,
  • de diffuser l’image de quelqu’un sans son autorisation, de troubler l’ordre public (en incitant à la violence par exemple),
  • de répandre des fausses informations,
  • de refuser un droit de réponse à une personne dont vous avez parlé.